{"id":35860,"date":"2019-12-11T00:00:00","date_gmt":"2019-12-10T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fairtransport.eu\/blog\/paradise-and-hell\/"},"modified":"2022-09-23T14:49:04","modified_gmt":"2022-09-23T12:49:04","slug":"le-paradis-et-lenfer","status":"publish","type":"blog","link":"https:\/\/fairtransport.eu\/fr\/blog\/paradise-and-hell\/","title":{"rendered":"Paradis et enfer"},"content":{"rendered":"<p class=\"\" data-pm-slice=\"1 1 []\">Yo. Enfin, je vais \u00e9crire un v\u00e9ritable article de blog ! S\u00fbrement le premier sous mon vrai nom. Probablement plus court que ce que je souhaite. Je pourrais en \u00e9crire un deuxi\u00e8me\u2026 Ce n&#039;est pas un article sur les \u00e9v\u00e9nements sp\u00e9cifiques de ce voyage mais plut\u00f4t sur le sentiment g\u00e9n\u00e9ral d&#039;\u00eatre sur les Tres Hombres. Je n&#039;ai jamais lu le Fair Transport Blog *hrmhumpf* donc je pourrais r\u00e9p\u00e9ter des choses. Et je vais voler quelques blagues \u00e0 l\u2019\u00e9quipage actuel sans mentionner les d\u00e9tails. Pour tous ceux dont l\u2019anglais ne parle pas assez couramment (comme mes parents et ma grand-m\u00e8re), je fais r\u00e9f\u00e9rence aux services de traduction en ligne.<\/p>\n<p class=\"\">Apr\u00e8s avoir d\u00e9cid\u00e9 de faire ce voyage \u2013 voyager \u00e0 travers l\u2019oc\u00e9an pendant plus de six mois sans moteur \u2013 on m\u2019a beaucoup demand\u00e9 de raconter des histoires, de raconter \u00e0 quoi \u00e7a ressemble. Quelle belle aventure ! Bateau de Pirates ! Sauver la plan\u00e8te! Palmiers et avocats ! Comme le savent tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 assez stupides pour faire cela ces derni\u00e8res ann\u00e9es : il est difficile, voire impossible, d\u2019expliquer cela en plus de mots aux habitants du pays. C&#039;est le paradis et l&#039;enfer. Les deux en m\u00eame temps. Et sa Somme est encore plus grande que ses Parties.<\/p>\n<p class=\"\">Le mal de mer, le mot \u00e0 ne pas prononcer, est un v\u00e9ritable fl\u00e9au. Cela d\u00e9vore votre cerveau de l\u2019int\u00e9rieur, consomme toute votre \u00e9nergie, vos espoirs et vos motivations. Au d\u00e9but, \u00e7a donne envie de ne pas mourir, \u00e0 la fin, \u00e7a donne envie de mourir. Apr\u00e8s ne pas avoir mang\u00e9 ni bu correctement pendant un, trois ou sept jours, votre corps perd la force de se r\u00e9chauffer ou m\u00eame de s&#039;habiller. La situation descend en spirale depuis le bas. J\u2019avoue : je comprends, chaque jambe jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Parfois pire que d\u2019autres, mais fiable pendant quelques jours apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le port. Ma meilleure fa\u00e7on d\u2019y faire face : continuer \u00e0 avancer ! Parler, transpirer, plaisanter, diriger ou simplement vomir. Tout ce qu&#039;il faut pour ne pas tomber dans la d\u00e9pression de la souffrance : sortez de la couchette \u00e0 chaque montre, faites face \u00e0 votre diable d&#039;\u00e9paule int\u00e9rieur. Parce que : \u00e7a va passer, \u00e7a ira mieux ! Le soleil brille toujours au-dessus des nuages. Pour moi, c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment essentiel d\u2019\u00eatre l\u00e0-bas. Le prix \u00e0 payer au passeur. Et \u00e7a vaut le coup !<\/p>\n<p class=\"\">Il n\u2019y a probablement aucun moyen de se rapprocher de M\u00e8re Nature. Avec toute sa force, sa puissance et sa mis\u00e9ricorde. Assister \u00e0 un simple lever de soleil apr\u00e8s un coup de vent, sur le pont avec tout l&#039;\u00e9quipage pendant le changement de quart, fera ressentir aux marins les plus endurcis des larmes de bonheur et de soulagement - aucun mot n&#039;est prononc\u00e9 dans un tel moment. La faune marine est si impr\u00e9visible et rare, donc si pr\u00e9cieuse \u00e0 observer. Signaler un coup de baleine \u00e0 l&#039;aveugle\u2026 \u00e7a n&#039;a pas de prix ! Il n\u2019y a pas assez de souhaits pour repr\u00e9senter toutes les \u00e9toiles filantes dans un ciel sans nuages et sans lune. Et voir la Baie de Destination depuis le rivage lors du dernier lever de soleil en mer, c&#039;est comme admirer un bracelet de diamants \u00e0 l&#039;horizon. L\u2019arc lunaire que j\u2019ai rat\u00e9 \u2013 je mourrais pour celui-l\u00e0\u00a0! Voir le puissant navire s&#039;\u00e9craser \u00e0 travers les vagues depuis la pointe du bout-dehors (l&#039;extr\u00e9mit\u00e9 pointue du bateau) vous donne des moments Leonardo-di-Caprio. Et en observant le sch\u00e9ma de la houle par une nuit de clair de lune depuis le Royal (on ne peut pas aller plus haut), vous \u00eates pratiquement invincible. Ecouter le doux gargouillis des vagues dans votre couchette (l\u00e9g\u00e8rement sous la ligne de flottaison) lors d&#039;une croisi\u00e8re en douceur \u00e0 10 n\u0153uds, c&#039;est comme \u00eatre de retour dans le ventre de sa m\u00e8re. Sushi \u00e0 partir d&#039;un poisson p\u00each\u00e9 il y a 10 minutes (merci petit poisson), pas moyen de l&#039;avoir plus frais. Ces moments ressemblent \u00e0 un pur paradis et j\u2019ai oubli\u00e9 d\u2019en mentionner beaucoup\u2026<\/p>\n<p class=\"\">Vivre sur le navire avec tous ces gens \u2013 des \u00e9trangers au d\u00e9but et des fr\u00e8res et s\u0153urs \u00e0 la fin \u2013 ressemble parfois \u00e0 une \u00ab guerre \u00bb. Du moins ce que ma g\u00e9n\u00e9ration ne conna\u00eet heureusement que gr\u00e2ce aux films : une bande de fr\u00e8res et s\u0153urs se pr\u00e9parant et c\u00e9l\u00e9brant apr\u00e8s la bataille. Le sel sur nos bottes nous unit face aux chaussures bateau du McDonald&#039;s local. Traverser la merde ensemble et se couvrir le dos face au pote. Vous avez attrap\u00e9 mon d\u00e9jeuner en glissant de la table dans la cuisine. Partager des histoires inimaginables, \u00e9crire des chansons sur nos exploits et profiter des fonctions corporelles de base. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits au minimum, tous sont \u00e9gaux : peu importe le rang, le statut ou l&#039;h\u00e9ritage. Il suffit de quelques jours \u00e0 bord pour voir \u00e0 travers les fa\u00e7ades ce que notre civilisation moderne impose \u00e0 nous, individus. On ne peut pas porter un masque longtemps sur un bateau aussi petit, on ne peut \u00eatre que soi. Il est normal que la place la plus priv\u00e9e (la t\u00eate) se trouve directement derri\u00e8re la seule place toujours occup\u00e9e en mer (la barre).<\/p>\n<p class=\"\">Le Capitaine et le Cuisinier sont naturellement les personnes les plus importantes \u00e0 bord. Le premier pour offrir la structure g\u00e9n\u00e9rale et exiger la discipline n\u00e9cessaire dans un endroit o\u00f9 un tel besoin existe, le second pour offrir le luxe et le confort dans un endroit o\u00f9 il n&#039;y en aurait pas. En tant que matelot de pont (c&#039;est-\u00e0-dire moi, techniquement juste du muscle), le savoir-faire et la force physique n\u00e9cessaires pour travailler et fonctionner sur un navire comme celui-ci sont tout simplement triviaux : travailler sur le gr\u00e9ement, tirer les bons cordages au bon moment, maintenir le navire, enseigner et prendre soin des stagiaires, surveiller la m\u00e9t\u00e9o, les dynamiques sociales de formation\/normation\/performance\u2026 Il y a beaucoup de comp\u00e9tences \u00e0 acqu\u00e9rir. Non seulement pour naviguer, mais aussi pour faire face \u00e0 la vie que vous vivez l\u00e0-bas, dans le monde normal.<\/p>\n<p class=\"\">Tout cela cr\u00e9e une forte d\u00e9pendance. Je ne pourrai pas retourner vivre dans un bureau. Plus jamais.<\/p>\n<p class=\"\">Martin Zenz\u00e8s. Santa Cruz de La Palma. 2019.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yo. Finally, I am going to write an actual Blogpost! Surely the first under my Real Name. Probably shorter than I want. I might write a second one&#8230; This is not a post about specific events of this trip but more about the general feeling of being on the Tres Hombres. 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