Aujourd’hui nous hissons les voiles au port de Santa Marta, sur la côte Nord de la Colombie. La baie étant bien protégée nous n’avons qu’à hisser quelques voiles et à laisser filer pointes et gardes pour que notre brigantine s’écarte lentement du quai. Une pointe pour pivoter à l’arrière et nous sommes en route pour notre prochaine destination. Quelques dizaines de minutes plus tard, c’en est fini des eaux abritées ; nous faisons route vers le Nord au près serré par trente noeuds de vent et une mer formée. Fini les beaux jours à naviguer au portant dans les alizés, à cette saison les vents sont toujours forts près du cap ‘de la Aguja’. L’équipage se cramponne, on range, on arrime, on borde, on dégueule sous le vent… Les plus solides iront rabanter les voiles en tête de mat et vomir de là haut. Ce départ mouvementé marque le départ du long chemin du retour. Il nous faudra bien deux mois de labeur pour regagner l’Europe, et on est tout de suite dans le bain.

Une douzaine d’heure plus tard, nous sommes sortis de la zone pénible. Toutes voiles dehors, toujours au près, nous faisons route vers le nord. L’équipage est fatigué après une nuit éprouvante mais tout est rentré dans l’ordre et la petite brigantine se comporte à merveille sur la longue houle d’Est. Loin devant l’étrave nous attend l’Ile d’Hispaniola qui abrite à la fois Haiti et la République Dominicaine, où nous devons faire escale et remplir la soute à ras bord de rhum et de fèves de cacao.

Jeudi 16 Fevrier :
Nous n’avons fait qu’une bouchée des quatre cent miles qui nous séparaient d’Hispaniola. Tout d’un bord et presque sans efforts, les montagnes d’Haiti sont apparues et se sont rapprochées. Nous avons poussé jusqu’à quelques miles de la côte pour y chercher une brise côtière qui nous aurait aidé à poursuivre vers l’Est mais en vain. En fin d’après midi nous avons viré de bord. Nous nous éloignons tout doucement de la côte et profitons d’un contre courant favorable.

Lundi 20 Fevrier :
Voilà quatre jours que nous tirons des bords par vent d’Est pour tenter de passer le cap de l’île ‘Beata’. Quatre jours à louvoyer pour parcourir une centaine de miles contre vents et courants, et il nous en reste encore autant. Les prévisions sont mauvaises, le vent doit nous fausser compagnie demain et une zone de hautes pressions s’installer sur Saint Domingue. Nous allons sûrement tirer vers la côte et, à nouveau, chercher les brises côtières. Qui sait pour combien de temps nous serons encore en mer à contempler ces côtes et à compter les levers et couchers du soleil…

Rémi.

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