Depuis 2013, le Stéphanois François Mangin-Deville est capitaine de la goélette du Tres Hombres, qui propose un transport maritime dans un esprit de commerce équitable et de développement durable. Découverte de cette démarche originale et ambitieuse.

Passionné de voile depuis l’enfance, François Mangin-Deville devient skipper professionnel en 2005 avant de se lancer un peu par hasard dans l’aventure du transport de marchandise en goélette. « J’ai rencontré l’équipe du Tres Hombres en 2010 dans les Caraïbes. Je trouvais l’idée sympa », confie le marin stéphanois. L’idée lancée par de jeunes Hollandais est de revenir à un fret à la voile.

Le Tres Hombres, une goélette deux mâts de 32 mètres de long pour 30 tonnes de marchandises, a assuré son premier transport en 2009. L’objectif de Fair transport, la société ayant développé le projet Tres Hombres, est de réhabiliter un fret à voile, pour un commerce équitable et durable.

De la voile pure et dure, sans moteur auxiliaire, pour un transport propre et réfléchi : « Nous sommes les seuls à rentrer dans les ports à la voile. Le Tres Hombres, c’est quelque chose de particulier. C’est un rêve. » L’objectif est simple : « Montrer que le transport maritime à voile est possible. » Depuis 2013, la compagnie a même démontré que c’était rentable.

« Le Tres Hombres, c’est quelque chose de particulier. C’est un rêve ! »

Pour François Mangin-Deville, l’aventure Tres Hombres débutera en 2013 : « J’étais en vacances à Saint-Étienne quand j’ai vu qu’ils cherchaient des bénévoles. Je suis allé donner un coup de main. » Il partira alors pour le port de Den Helder, « le Brest des Pays-Bas ».

Parti initialement pour deux semaines, il restera beaucoup plus longtemps que prévu : « Je ne suis jamais revenu. Après cinq ans, ils commençaient à faire des bénéfices et ils avaient besoin d’une personne pour l’entretien du bateau. » Il passera alors par tous les postes. D’abord bénévole, il devient matelot et très vite chef d’équipage. En septembre 2015, il est même nommé capitaine du Tres Hombres. La goélette compte 15 marins à son bord. Un équipage comprenant cinq professionnels et dix bénévoles : « C’est intéressant de se former sur le Tres Hombres. On apprend vraiment la voile et les vieux gréements. » Le Tres Hombres fait deux fois le tour de l’Atlantique par an. Depuis trois ans, François Mangin-Deville passe environ dix mois par an en mer.

« Une démarche équitable »

Le Tres Hombres a rouvert les « vieilles routes » de l’Atlantique : « On suit les alizés (N.D.L.R. : vents réguliers venant des régions intertropicales). » Le transport de marchandises a commencé par le rhum et le chocolat : « On transporte tout ce qui n’est pas produit sur le continent , le vin et l’huile d’olive d’Europe, et on ramène le rhum, le cacao, le café et les épices. On a une démarche équitable et une recherche de développement durable. Pour avoir une belle qualité de produit, on va toujours se tourner vers le bio. »

L’équipe du Tres Hombres transporte de la marchandise à haute valeur ajoutée : « On va à contre-courant du transport maritime actuel où tout est concentré dans les grands ports. Les grands cargos, c’est ce qu’il y a de pire pour l’environnement. » La goélette du Tres Hombres, elle, va de l’Europe au continent américain sans aucune empreinte carbone ou presque.

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